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PACIFIC, CARIBBEAN, EASTERN & SOUTHERN AFRICA, WESTERN & CENTRAL AFRICA

Le Système d’information de référence 2.0 (RIS) est la plateforme d’information Internet open-source du BIOPAMA sur la gestion des aires protégées et la conservation de la biodiversité. Elle permet de recueillir, rassembler et organiser le travail des partenaires régionaux dans les Observatoires BIOPAMA. Andrew Cottam, concepteur du système d’information et de conservation de la biodiversité, travaille au Centre commun de recherche de la Commission européenne et explique en quelques mots comment il fonctionne.

safhbljhbhQuelles sont les principales différences entre le RIS 1.0 et la nouvelle version proposée ?

Lors de la phase 1 du BIOPAMA, nous avons réussi à fournir aux acteurs de la conservation une plateforme facile à utiliser, où ils avaient accès à l’information sur 9 141 aires protégées des pays ACP. Notre ambition, pour la phase 2, est de leur donner les outils pour passer « de la connaissance à l’action ». En d’autres mots, le RIS 2.0 permet aux utilisateurs d’avoir accès à l’information, mais aussi d’agir en se basant sur cette information fournie.

Comment le RIS 2.0 soutient ce passage « de la connaissance à l’action » ?

En encourageant l’utilisation d’un modèle bien connu et ayant fait ses preuves dans le monde des professionnels de la conservation : le cadre logique État - Pression - Réponse. Envisagez-le comme une relation logique de cause à effet : il prévoit, comme première étape, de donner un aperçu de la situation actuelle (état), que ce soit pour votre aire protégée, votre pays ou votre problème. La deuxième étape concerne la détection et l’identification des principales menaces (pression) et la troisième de prendre des mesures par la réponse, qui est réalisée par les utilisateurs et c’est ce qui en fait une plateforme différente et innovante.

Pouvez-vous expliquer un peu mieux ce qu’est la « réponse », et comment elle fonctionne ?

Les réponses peuvent être vues comme des solutions à des problèmes précis. Les solutions, elles, sont des interventions politiques adoptées à chaque niveau de la gouvernance. Par exemple, l’adoption de Stratégies et Plans d'action nationaux pour la biodiversité (NBSAP) est une « réponse » au niveau du pays. Une Stratégie et Plan d’action national pour la biodiversité (NBSAP) définit des objectifs politiques à atteindre dans une période donnée. Par exemple, l’un des objectifs établis dans le NBSAP de la République des Palaos, dans le Pacifique, est « le développement de stratégies de gestion appropriées et spécifiques pour au moins 50% des espèces hautement prioritaires d’ici à janvier 2018 ».

En suivant les avancées par rapport aux objectifs, nous pouvons définir le succès ou l’échec d’une politique donnée, au niveau local, national, régional ou mondial. Définir des objectifs, politiques et indicateurs est ce que chaque utilisateur vérifié peut faire dans le RIS 2.0.

Pouvez-vous donner des exemples de réussite passée des solutions/réponses ?

Dans un rapport publié dans la revue Science en 2010, Stuart Butchart et plus de 20 collègues ont utilisé ce cadre pour suivre le taux d’appauvrissement de la biodiversité mondial par rapport à l’objectif défini par la Convention pour la diversité biologique pour l’année 2010.

Ils ont compilé 31 indicateurs sur l’état de la biodiversité – allant des tendances démographiques des espèces, du risque d’extinction, de la condition/étendue de l’habitat jusqu’à la composition de la communauté – pour montrer leur accélération ou décélération au fil du temps.

Leurs résultats montrent que les conditions des récifs coralliens, par exemple, ont décliné au même rythme de décélération qu’au milieu des années 1980, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Aujourd’hui, nous pourrions utiliser le même cadre logique pour suivre les avancées vers la réalisation des Objectifs d'Aichi 2020, entre autres.

Quelles sont les principales raisons justifiant l’utilisation de ce cadre ?

Comme l’a bien montré Butchart, il existe actuellement des lacunes considérables dans la collecte de données – en termes de couverture temporelle, spatiale et thématique. En d’autres mots, les données sont rares et éparpillées, surtout pour des pays en développement spécifiques, des périodes spécifiques et des espèces spécifiques. Suivre les avancées par rapport aux objectifs n’est clairement possible qu’en adoptant un système qui autorise une collecte constante, régulière et organisée de données, par rapport à des objectifs politiques spécifiques.

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